Alors, quelle est cette fleur ?
La photographie a été réalisée en juillet 2008, sur le chemin du col de Raus, à environ 1 800 mètres d'altitude.
Sur le moment, je ne pouvais évidemment pas imaginer que cette fleur allait devenir une véritable énigme botanique.
Depuis cette rencontre, malgré plusieurs recherches et plusieurs tentatives d'identification
auprès de sites spécialisés et de botanistes,
je n'ai jamais obtenu de réponse suffisamment certaine.
Ce que montre la photographie
La plante appartient très vraisemblablement à la grande famille des Astéracées,
famille particulièrement représentée dans les montagnes du Mercantour.
Son capitule jaune est constitué de nombreuses fleurs ligulées entourant un centre plus sombre
composé de petites fleurs tubulées.
Les feuilles, bien visibles sur la photographie, présentent un réseau de nervures particulièrement marqué.
La floraison semble avoir été à son apogée, avec les ligules largement déployées autour du cœur.
Ces quelques caractères permettent de rapprocher la plante de plusieurs Astéracées jaunes de montagne,
mais ils ne suffisent pas à eux seuls pour parvenir à une détermination certaine.
Une piste intéressante : le Buphtalme
Parmi les espèces qui peuvent être évoquées figure le Buphtalme à feuilles de saule (Buphthalmum salicifolium),
également appelé « Œil-de-bœuf ».
Cette plante vivace possède de grands capitules jaunes, généralement solitaires,
pouvant atteindre plusieurs centimètres de diamètre.
Ses feuilles sont lancéolées et ses fleurs ligulées sont largement étalées.
Elle est bien connue dans le territoire du Mercantour.
Une autre possibilité est celle de certaines Inules, notamment l'Inule à feuilles de saule (Inula salicina),
dont l'aspect général peut également conduire à une confusion avec le Buphtalme.
La distinction entre ces plantes demande l'observation de caractères beaucoup plus précis
que ceux que permet cette photographie.
La photographie seule ne permet donc pas de trancher.
Pourquoi cette observation reste intéressante
Le Mercantour est un territoire d'une richesse floristique exceptionnelle.
Plus de 2 000 espèces végétales y sont actuellement recensées,
dans des milieux très différents et soumis à une multitude de conditions locales :
altitude, exposition, nature du sol, climat et microclimat.
Une plante peut ainsi être présente dans un secteur très limité,
fleurir certaines années dans des conditions particulières,
puis devenir beaucoup plus difficile à retrouver.
Mais il serait imprudent d'affirmer que c'est ce qui s'est produit ici.
Je ne sais pas pourquoi cette fleur n'est jamais réapparue.
Je sais seulement qu'en juillet 2008, à 1 800 mètres d'altitude, elle était là.
Et j'ai eu la chance de la photographier.
Une énigme qui reste ouverte
Cette photographie demeure donc, pour moi, une petite énigme du Mercantour.
Peut-être s'agit-il d'une espèce parfaitement connue dont l'aspect particulier,
à ce stade de sa floraison, a rendu l'identification difficile.
Peut-être est-ce une espèce que je n'ai simplement jamais su reconnaître.
Ou peut-être qu'un botaniste, en découvrant cette photographie et en observant un détail qui m'a échappé,
pourra un jour lui donner un nom.
Après dix-huit années, la question reste ouverte.
Mais c'est aussi cela, la photographie de nature :
elle ne sert pas seulement à montrer ce que l'on connaît.
Elle permet parfois de conserver la trace d'une rencontre dont le mystère demeure encore intact. |